Patrick Lasseube


L'ancien maire de Saint-Lys ( de 2001 à 2008 ) a écrit plusieurs livres. Passionné par l'histoire locale, la culture occitane mais aussi par la grande Histoire universelle, il a aussi fait le pèlerinage depuis Saint-Lys jusqu'à Saint Jacques de Compostelle...

  • « Compostelle, sur le chemin de mon ombre » raconte son aventure à pied...
  • « Soldat Frédéric Julien Dédébat » dévoile au lecteur la vie du soldat inconnu de Saint-Lys.

Il a aussi participé au guide sur « les villages de France au nom burlesque » en l' illustrant de photographies. Il est le fondateur de l’association nationale des villages aux noms burlesques qu'il préside toujours.


Aucune photo, aucun document, aucune lettre, aucun objet personnel, aucun souvenir dans la famille, comme si Frédéric Julien Dédébat n'avait jamais existé. Gabrielle, la dernière de ses deux petites filles, nous confiait quelques mois avant de décéder "qu'il se disait, qu'il aurait été tué par les Français". La fiche matricule nous livrera la terrible et insoutenable nouvelle : "fusillé le 24 décembre 1914 à Reninghelst en Belgique". L' étude de son dossier de jugement nous permettra d'ajouter avec certitude : "fusillé pour l'exemple". Une exécution la veille de Noël, alors que sa fille n'avait que 4 ans. Un acte de cruauté qui s'ajoute à l'horreur de ces premiers mois du conflit où les pertes humaines dépassaient l'entendement. Fusiller au hasard pour terroriser la troupe, voilà la stratégie de l'Etat major tentant ainsi de galvaniser par la terreur des milliers de soldats poussés en première ligne comme on monte à l'échafaud pour essayer en vain d'endiguer l'avancée des troupes allemandes. Ce fut une véritable boucherie humaine à laquelle certains comme Dédébat, non violent et animé semble-t-il d'un esprit pacifiste, ont refusé de souscrire. Il est des sujets comme celui-ci qui restent encore tabous. Alors que les réhabilitations de ces pauvres innocents ne se sont faites qu'au compte-gouttes, le maire de Saint-Lys en 1921 n'a pas hésité, bravant la loi, à réhabiliter Frédéric Julien Dédébat, en inscrivant le nom de ce "fusillé" sur le monument aux morts. Patrick Lasseube a mené l'enquête avec minutie, n'hésitant à aller sur les lieux même de l'arrestation et de l'exécution de Frédéric Julien Dédébat. Un travail de fourmi qui lui a permis de nous livrer cette tragédie humaine sous la forme d'un récit de voyage qu'aurait pu écrire le soldat lui-même. Un récit historique passionnant et poignant, qui s'inscrit dans un véritable devoir de mémoire, il participe à la réintégration, un siècle après, d'un de ces fusillés pour l'exemple parmi l'ensemble des soldats qui ont perdu leur vie dans ce conflit mondial.